Le site d’un architecte est un portfolio qui doit se charger vite. Les deux exigences se contredisent : les images qui vendent votre travail sont précisément celles qui ralentissent la page, et une page lente perd le visiteur avant qu’il ait vu la première réalisation.
C’est un des rares métiers où la matière première du site se compte en mégaoctets par écran. Un rendu exporté depuis un logiciel de modélisation sort en 4 000 pixels de large. Publié tel quel dans une galerie plein écran, il pousse l’affichage bien au-delà des 2,5 secondes que Google retient comme seuil de bon affichage.
- La publicité est autorisée aux architectes depuis 1992, par l’article 10 bis du décret n° 80-217, et le code de déontologie refondu le 1er juillet 2026 ne revient pas dessus.
- Deux interdits demeurent : la publicité comparative, incompatible avec le devoir de confraternité, et le logo de l’Ordre, dont seul le sigle « OA » est utilisable.
- Le portfolio est à la fois l’argument de vente et le premier frein à la vitesse : l’arbitrage se fait image par image, jamais en compressant tout au même niveau.
- La visibilité se joue sur le croisement d’un type de projet et d’une ville, jamais sur le mot « architecte » seul.
- Le sur mesure se justifie dès que le portfolio doit rester rapide et que le référencement doit tenir sur plusieurs spécialités.
Un architecte a-t-il le droit de faire de la publicité ?#
Oui, et depuis plus longtemps qu’on ne le croit : l’article 10 bis du décret n° 80-217 autorise la publicité aux architectes depuis 1992, dans le respect de la législation en vigueur. Le texte a été refondu par le décret n° 2026-568, entré en vigueur le 1er juillet 2026, qui a rebaptisé l’ensemble « code de déontologie » là où l’on parlait de « devoirs professionnels ». L’autorisation, elle, n’a pas bougé.
Deux limites structurent tout de même la rédaction d’un site.
- La publicité comparative est exclue. Le devoir de confraternité inscrit dans le code interdit de se positionner contre un confrère, ce qui ferme la porte aux comparatifs et au dénigrement, même implicite.
- Le logo de l’Ordre ne s’utilise pas. Il est protégé. Seul le sigle « OA », suivi de la mention « inscrit à l’Ordre des architectes », peut figurer sur vos supports.
S’ajoutent les obligations habituelles : mentions légales complètes, numéro d’inscription au tableau de l’Ordre régional, assurance professionnelle et conformité au RGPD sur les formulaires. Rien de tout cela n’empêche un site ambitieux. Cela interdit surtout le registre publicitaire agressif, qui dessert de toute façon une agence dont le client juge d’abord le sérieux.
Le portfolio contre la vitesse : où passe l’arbitrage#
C’est le vrai sujet technique du métier, et celui que la plupart des sites d’architectes ratent. Une galerie de projets est un empilement d’images lourdes, et chaque image lourde retarde l’affichage. Le seuil publié par Google pour le LCP, le temps d’affichage du plus gros élément visible, est de 2,5 secondes. Un rendu servi en pleine résolution le fait sauter à lui seul.
La réponse paresseuse consiste à tout compresser au même niveau. Elle règle la vitesse et abîme le travail : un rendu de concours réduit en bouillie de pixels ne vend plus rien.
Notre parti pris sur ces projets est inverse et assumé. On garde une qualité haute sur l’image d’ouverture, celle qui décide en une seconde si le visiteur reste, parce que cette image est l’argument commercial. Le budget de chargement se récupère ailleurs : formats modernes AVIF et WebP, plusieurs tailles servies selon l’écran réel, et chargement différé de tout ce qui se trouve sous la ligne de flottaison. Résultat, une page qui ouvre vite sur une image intacte, et une galerie qui se déroule au fur et à mesure du défilement.
Deux réflexes à éviter au passage : le carrousel plein écran en page d’accueil, qui empile trois images lourdes avant même que le visiteur ait cliqué, et le lecteur vidéo de fond, qui coûte des secondes pour un gain d’image discutable. Le détail des critères que Google mesure est expliqué dans les changements 2026 sur les Core Web Vitals.
Ce qu’un client regarde avant vos réalisations#
Un maître d’ouvrage arrive sur votre site avec une question unique : « cette agence traite-t-elle des projets comme le mien ». Le portfolio y répond, mais seulement s’il est trié dans sa logique à lui, pas dans la vôtre.
Un classement chronologique par année d’agence oblige le visiteur à chercher. Un classement par type de projet, maison individuelle, extension, rénovation lourde, tertiaire ou équipement public, lui donne sa réponse en un clic. C’est aussi ce qui crée les pages sur lesquelles vous serez trouvé.
Trois autres éléments pèsent plus qu’on ne l’imagine dans la décision d’appeler.
- Le déroulé d’une mission, de l’esquisse au suivi de chantier, avec les phases nommées. Un particulier qui construit pour la première fois ignore ce qu’il achète.
- La question des honoraires, au moins expliquée dans son principe. Le silence total sur ce point est le premier motif d’abandon avant contact.
- L’identité de l’agence : effectif, inscription à l’Ordre, assurance, façon de travailler. Une page « à propos » précise vaut mieux qu’une page « à propos » lyrique.
Comment un architecte est-il trouvé sur Google ?#
Par le croisement d’un type de projet et d’une ville. Personne ne cherche « architecte » tout court : on cherche « architecte extension maison Toulouse » ou « architecte rénovation appartement Bordeaux ». Une agence positionnée sur ces requêtes précises capte un contact déjà qualifié, avec un projet identifié.
Cela suppose des pages dédiées, une par spécialité et par zone travaillée, plutôt qu’une page « nos services » qui essaie de tout dire. Le principe est le même que celui décrit dans le référencement naturel pour une PME : une intention de recherche, une page.
Le second levier est votre fiche Google, avec la bonne catégorie professionnelle, la zone d’intervention et des photos de réalisations. Les deux se renforcent. Avant d’investir, mesurer l’existant évite de dépenser à l’aveugle : savoir si votre site est visible sur Google prend une minute.
Pour décider#
Un site d’architecte se juge sur trois choses : ce qu’il montre, la vitesse à laquelle il le montre et sa capacité à vous placer sur des recherches de projet précises. La déontologie encadre le ton sans brider l’ambition, depuis 1992 et toujours après la refonte de juillet 2026.
Si votre site actuel présente de beaux projets sans générer d’appels, cherchez d’abord du côté de ces deux causes : une galerie trop lourde que le visiteur n’attend pas, ou une absence totale des recherches par spécialité. Le budget correspondant est décomposé dans le prix d’un site web sur mesure, et l’enchaînement complet des étapes dans le guide pour créer un site web.
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Questions fréquentes
Un architecte a-t-il le droit de faire de la publicité ?
Oui. La publicité est autorisée aux architectes depuis 1992 par l’article 10 bis du décret n° 80-217, et le nouveau code de déontologie entré en vigueur le 1er juillet 2026 conserve cette autorisation. Restent interdites la publicité comparative et l’utilisation du logo de l’Ordre.
Que doit contenir le site internet d’un architecte ?
Un portfolio organisé par type de projet, une présentation de l’agence avec le numéro d’inscription au tableau de l’Ordre, le déroulé d’une mission et les modalités de contact. Le portfolio reste la preuve principale, mais il arrive après la réponse à la question « travaillez-vous sur des projets comme le mien ».
Combien coûte le site internet d’un architecte ?
Une vitrine avec portfolio se situe le plus souvent entre 2 000 et 8 000 €, selon le nombre de pages par spécialité et le travail de référencement. Chez seodev, un site sur mesure démarre à 2 900 € HT, à prix fixe, avec les Core Web Vitals au vert à la livraison.
Comment un architecte est-il trouvé sur Google ?
Par le croisement d’un type de projet et d’une ville, du type « architecte extension maison Toulouse ». Une page par spécialité et par zone, plus une fiche Google à jour, sont les deux leviers qui placent l’agence sur ces recherches précises.
