Le nom de domaine d’un cabinet d’avocats, c’est l’adresse tapée dans un navigateur pour arriver sur votre site. Ce choix n’est pas libre : l’article 10.5 du Règlement Intérieur National impose que cette adresse comporte le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet et interdit qu’elle évoque une matière du droit.
C’est la contrainte qui surprend le plus au moment de lancer un site de cabinet et la plus chère à découvrir après la mise en ligne : un changement d’adresse coûte des redirections et des positions.
- L’article 10.5 du RIN impose un nom de domaine comportant le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet, en totalité ou en abrégé, qui peut être suivi ou précédé du mot « avocat ».
- Les adresses génériques bâties sur une matière du droit sont interdites, et le Conseil d’État a confirmé la légalité de cette interdiction.
- Le .fr s’impose pour un cabinet français. Ouvert à toute structure établie dans l’Union européenne, il compte 4 319 120 noms fin 2025. L’extension avocat.fr, réservée à la profession, passe par une validation du CNB.
- Le piège qui coûte le plus cher reste l’adresse déposée au nom du prestataire : seul le titulaire déclaré a des droits sur un nom de domaine.
- Pour Google, l’adresse pèse très peu. Vos pages par domaine d’intervention comptent bien davantage.
Que dit l’article 10.5 du RIN sur le nom de domaine d’un avocat ?
Deux phrases suffisent, écrites noir sur blanc dans le Règlement Intérieur National (nouvel onglet) publié par le Conseil national des barreaux. Le texte ci-dessous est celui de la version consolidée au 7 juillet 2026 (nouvel onglet).
Le nom de domaine doit comporter le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet en totalité ou en abrégé, qui peut être suivi ou précédé du mot « avocat ». L’utilisation de noms de domaine évoquant de façon générique le titre d’avocat ou un titre pouvant prêter à confusion, un domaine du droit ou une activité relevant de celles de l’avocat, est interdite.
Une adresse bâtie sur une matière, du type « avocat-divorce » suivi d’une ville, tombe donc sous l’interdiction. Une adresse générique du type « votre-avocat » aussi : elle évoque le titre sans identifier personne.
La règle a été contestée, puis validée par le Conseil d’État dans une décision du 4 janvier 2016 : l’article 10.5 vise l’intégrité de la profession et la bonne information du client et ne porte pas une atteinte disproportionnée (nouvel onglet) au droit de propriété ni à la liberté de communication des avocats.
Le même article ajoute une obligation qu’on oublie souvent : l’avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site doit en informer le conseil de l’Ordre sans délai et lui communiquer les noms de domaine qui permettent d’y accéder. Il s’agit d’une simple information, sans autorisation à obtenir, avec des modalités variables selon les barreaux.
Deux autres règles du même article touchent le site lui-même. Il ne peut afficher aucun encart ni bannière publicitaire, sauf ceux de la profession. Et chaque lien sortant engage l’avocat : un lien vers une page contraire aux principes essentiels de la profession doit être retiré dès que vous le repérez.
Nom du cabinet ou nom de l’avocat : lequel choisir ?
On choisit par défaut la dénomination du cabinet. Elle survit à un départ d’associé, à une arrivée et à un changement de structure, là où une adresse construite sur trois patronymes devient fausse le jour où l’un des trois s’en va. Une adresse qui ment finit par se changer, au prix de redirections à poser page par page et de positions à reconstruire.
Le nom personnel garde du sens en exercice individuel, où le cabinet et l’avocat se confondent déjà dans l’esprit du client. Le RIN autorise l’abréviation, ce qui sauve les dénominations à rallonge.
Quelques repères de terrain avant d’acheter.
- Dictez l’adresse à voix haute. Un client qui la note pendant un appel doit pouvoir l’écrire sans se tromper. Les patronymes à homophones, Durand ou Durant, méritent une variante réservée.
- Laissez tomber les accents. Ils sont techniquement possibles en .fr, mais ils compliquent la saisie et les adresses e-mail.
- Un ou deux tirets au plus. « cabinet-martin-avocats » se dicte, « cabinet-martin-associes-avocats-toulouse » non.
- La ville reste possible. Ce n’est ni un domaine du droit ni une activité, donc le texte ne l’écarte pas. Les pratiques varient selon les barreaux : à valider avec votre Ordre avant l’achat.
Faut-il un .fr ou un .com pour un cabinet d’avocats ?
Le .fr convient dans la quasi-totalité des cas. Un cabinet français plaide devant des juridictions françaises, pour des clients qui cherchent en français, et l’extension le dit avant même que la page se charge.
La charte de nommage de l’Afnic (nouvel onglet), dans sa version du 6 juillet 2026, réserve le .fr aux personnes physiques qui résident, et aux personnes morales qui ont leur siège ou leur établissement principal, dans un État membre de l’Union européenne, ainsi qu’en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse. Un cabinet inscrit à un barreau français remplit la condition d’office.
Le parc suit : 4 319 120 noms de domaine en .fr (nouvel onglet) au 31 décembre 2025, dont 853 000 créés dans l’année, un record, avec un taux de renouvellement de 82,2 %.
Le .com se défend pour une pratique réellement internationale, en arbitrage ou en droit des affaires transfrontalier. Prenez alors les deux et faites pointer le second vers le premier. Un cabinet garde une seule adresse principale : les variantes protègent le nom et renvoient toutes vers le même site.
Et l’extension avocat.fr ?
L’extension avocat.fr est réservée aux avocats et donne des adresses du type cabinet-martin.avocat.fr. La demande passe par un bureau d’enregistrement, puis le Conseil national des barreaux la valide ou la refuse (nouvel onglet). Les bureaux d’enregistrement annoncent des contraintes plus strictes (nouvel onglet) que pour un .fr ordinaire, dont l’exclusion des noms de ville.
Son intérêt tient à l’affichage : l’adresse dit votre profession avant même la première visite. Sa limite tient à la longueur : une dénomination longue suivie de « .avocat.fr » se dicte mal au téléphone. Notre choix par défaut reste un .fr court au nom du cabinet.
Les pièges qui coûtent le plus cher
L’adresse déposée au nom du prestataire
C’est le cas le plus douloureux. Le prestataire achète l’adresse, se déclare titulaire et inscrit le cabinet comme simple contact administratif. La charte de nommage de l’Afnic est sans ambiguïté sur ce que vaut ce rôle : « Dans le cas où le contact administratif n’est pas le titulaire, il ne dispose d’aucun droit sur le nom de domaine. » Récupérer l’adresse suppose alors une transmission, qui exige l’accord préalable des deux parties. Votre prestataire est en position de refuser.
La vérification est rapide : interrogez la base Whois de l’Afnic et lisez la ligne du titulaire. Si ce n’est pas le cabinet, demandez la transmission pendant que la relation est bonne.
La marque déposée d’un confrère
Un nom de cabinet peut être protégé à l’INPI, et reprendre cette marque dans une adresse expose à une procédure : tout titulaire de .fr s’engage à se soumettre aux procédures de résolution de litiges Syreli et PARL EXPERT de l’Afnic, qui peuvent aboutir au transfert ou à la suppression du nom. Une recherche à l’INPI avant l’achat ferme le sujet.
Le nom de domaine change-t-il quelque chose pour Google ?
Il change beaucoup moins qu’on ne l’imagine. Google l’écrit dans son guide de démarrage SEO (nouvel onglet) : les mots du nom de domaine n’ont pratiquement aucun effet sur le classement, au-delà de leur affichage dans le fil d’Ariane. Cela tombe bien, puisque le RIN vous interdit les adresses à mots-clés. Un cabinet ressort parce qu’une de ses pages traite du divorce mieux que celles d’en face, pas parce que son adresse contient « divorce ».
Ce que votre adresse apporte, c’est de la continuité. Garder la même adresse conserve les liens et les positions qu’un changement ferait perdre. Le reste se joue avec une page par domaine d’intervention, rédigée dans les limites du RIN.
À trancher avant d’acheter
Trois décisions, dans cet ordre. Le nom : celui du cabinet plutôt que le vôtre, sauf exercice individuel. L’extension : le .fr, sauf pratique internationale assumée. Le titulaire : le cabinet, jamais le prestataire. Reste l’information à votre conseil de l’Ordre, à envoyer dès l’ouverture du site.
Le nom de domaine est la seule brique du projet qu’on ne peut pas corriger discrètement six mois plus tard.
Si le site reste à créer, ces règles font partie de ce qu’on fixe à l’appel de cadrage dans notre offre de création de site pour cabinet d’avocats : nom, mentions et formulation des compétences décidés avant la première maquette.
Questions fréquentes
Un avocat peut-il choisir n’importe quel nom de domaine ?
Non. L’article 10.5 du Règlement Intérieur National impose que le nom de domaine comporte le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet, en totalité ou en abrégé, éventuellement suivi ou précédé du mot « avocat ». Les adresses évoquant de façon générique le titre d’avocat ou un domaine du droit sont interdites.
Un cabinet d’avocats doit-il prendre un .fr ou un .com ?
Le .fr convient à la quasi-totalité des cabinets français : il signale immédiatement le marché sur lequel le cabinet exerce. La charte de nommage de l’Afnic l’ouvre à toute structure ayant son siège dans l’Union européenne, donc à tout cabinet inscrit à un barreau français. Le .com se justifie surtout pour une pratique internationale.
Que faire si le nom de domaine du cabinet appartient au prestataire ?
Il faut demander une transmission du nom de domaine, qui suppose l’accord des deux parties selon la charte de nommage de l’Afnic. Le contact administratif ne dispose d’aucun droit sur l’adresse : seul le titulaire déclaré en a. La vérification se fait en interrogeant la base Whois de l’Afnic sur le nom de domaine.
Qu’est-ce que l’extension avocat.fr ?
L’extension avocat.fr est un domaine en .fr réservé aux avocats, du type cabinet-martin.avocat.fr. Chaque demande est soumise à la validation du Conseil national des barreaux, qui peut l’accepter ou la refuser. Le nom choisi doit lui aussi respecter l’article 10.5 du Règlement Intérieur National.
Faut-il informer son Ordre de son nom de domaine ?
Oui. L’article 10.5 du RIN prévoit que l’avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site internet doit en informer le conseil de l’Ordre sans délai et lui communiquer les noms de domaine qui permettent d’y accéder. Aucune autorisation n’est à obtenir, et les modalités varient selon les barreaux.
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